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24/09/2010

E pericoloso sporgersi Ch 2

L'autorail arrive en gare du Teil.... (voir ch 1 le 23 septembre 2010)

E pericoloso sporgersi

Ch 2

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-          Oh Là !La ! Vite ! On arrive ! Va falloir descendre !  Le bébé dans les bras, elle enfila son sac à dos, surplus de l’armée en toile kaki, pris de l’autre main un sac de toile d’où dépassait le biberon et où se trouvaient sûrement les « drapeaux », les propres et les sales.  Son mari, enfila un autre sac, pris les deux valises en cartons et, en étendant les doigts essaya désespérément de prendre en même temps la poignée du panier de la poule qui remuée se mis à piailler désespérément.

-           Donnez la nous ! On va vous la passer par la portière.

-          D’accord ! Allez ! Au revoir mesdames. Bon voyage et merci !

Dans le couloir tout trois se frayaient un passage à grand peine, malgré la bonne volonté des autres « sardines ». Ils arrivèrent sur la plateforme au moment où la micheline rentrait en gare et s’arrêtait à grand renfort de freins hurlants. L’accordéoniste avait rangé son accordéon, car il descendait aussi. Avec gentillesse et galanterie, il aida la jeune femme à descendre les marches en lui donnant la main. Son mari, posant ses valises sur le quai, s’approcha de notre fenêtre où Sylviane s’escrimait  à faire descendre la vitre grâce à une manivelle passablement  rouillée.

-          Adieu ma cocotte ! dit-elle, en passant le panier par la vitre baissée, tandis que madame poule roulait des yeux ronds.

-          Voilà monsieur, je pense qu’elle vous fera de bons œufs,  et bonne rentrée chez vous.

-          Faudra encore que je trouve du grain pour la nourrir ! On lui fera des pâtées avec du son. Bon ! Encore merci mesdames ! Bonne continuation ! Faites un bon voyage. Nous allons récupérer nos vélos dans le fourgon et on sera bientôt arrivés, encore qu’on va à Montélimar et qu’il faut qu’on prenne la traille, car notre pauvre pont n’est toujours pas reconstruit

Les deux femmes les regardèrent s’éloigner vers l’arrière de l’autorail où le chef de train distribuait les bagages stockés pour le voyage. Le jeune couple récupéra deux vélos. Les deux valises furent soigneusement arrimées sur le porte bagage du jeune homme, tandis que le bébé prenait place dans le siège en fer, à l’arrière de celui de sa maman. Le panier à poule fut attaché sur le cadre, reposant sur le guidon. En les suivant des yeux, après qu’ils aient marché sur le quai, elles les virent enfourcher leur vélo, le père d’une main, l’autre tenant la poule, puis disparaître vers leur avenir.

-          Ce bébé devrait-être à la retraite depuis au moins trois ans dit Lisette. Je me demande quelle vie ils ont eu, tous les trois ?

-          On ne le saura jamais dit Sylviane ? On a passé à côté de tant de gens dont on ne sait rien du tout !

Elles retournèrent s’asseoir sur les banquettes de bois dur, pendant que de nouvelles personnes montaient dans le train. Après s’être un peu aérée le temps de l’arrêt c’était de nouveau, la « boite de sardine ». C’était de nouveau un amoncellement de bagages hétéroclites, dans lesquels on était sûr de trouver de la nourriture. Pas de poule cette fois, mais deux cages à lapin. Sur les sacs à dos, des quart de fer blanc et dans les poches latérales des gourdes fermées.

-          Vous en voulez un peu, dit notre voisin qui venait de boire un petit coup, en essuyant le goulot avec la paume de sa main ?

-          Qu’est-ce que c’est, dit Sylviane ?

-          Du St Joseph ! Mon beau-père en  a une vigne sur les pentes là-haut, et il est pas mauvais ce petit vin.

Ce disant, ils les invita à se pencher pour voir sur les pentes des  coteaux  ardéchois, les lopins de vigne en terrasse. Oh ! Il n’en a pas bien grand, mais c’est suffisant car il a bientôt  La cinquantaine et c’est pénible de travailler ça.

-          Gouttons le, dit en aparté Lisette à Sylviane, c’est un vin qui coûte cher maintenant.

Sans remord elles burent une lampée de ce qui leur parut un délicieux nectar.

-   Mm… Il est bon !

-   Bof !  C’est un petit vin qui se laisse boire. Grâce à mon beau-père, on n’en a pas manqué pendant la guerre. Il avait planqué les fûts et le allemands n’ont pas réussi à les trouver. Il avait eu une idée de génie, il avait mis les cabinets dans la grange,  au-dessus du trappon de la cave et les blondinets n’ont pas eu l’idée et l’envie d’aller voir ce qu’il y avait sous le tonneau de merde !

Et il riait de cette bonne blague faite à l’occupant pour sauver un peu de vin français !

-  J’aimerais quand même bien boire un peu d’eau dit Lisette qui sortit de son sac, une bouteille d’Evian.

L’homme ouvrit de grands yeux.

-          C’est quoi cette bouteille ?

Merde ! Se dit Lisette ! C’est vrai que le plastique n’est pas tellement répandu à cette époque !

-          C’est du cellulo transparent ! C’est les Américains qui ont inventé ça pour les soldats ! C’est moins lourd dans le sac.

-          Ah ! répondit-il.

 Pas convaincu et tout d’un coup soupçonneux, il regarda plus attentivement ces deux femmes et s’aperçut  qu’elles  étaient bizarrement vêtues. Quel âge pouvaient-elles bien avoir ? Toutes deux plutôt bien en chair, surtout la plus petite qui semblait la plus âgée, elles ne paraissaient vraiment pas avoir souffert des restrictions. Elles étaient toutes deux en pantalon ! La plus agée, pantalon noir et corsage orné de tulipes bleues avec des brillants et la plus jeune, pantalon court et chemisier blanc !

-           Drôle de tenue ! Ces bonnes femmes ! Tu ne trouves pas ? dit-il en aparté à sa femme !

-          Ouais ! répondit-elle. Elles sont bizarres. D’où ça peut bien venir ça ? A mon avis ça sent le collabo !

Lisette, qui  voyait bien leur chuchotis, tendait l’oreille sans en avoir l’air et saisit au passage le mot « collabo ».

-          Aïe ! Ca craint ! se dit-elle tandis que Sylviane toute étonnée de ce qu’elle découvrait n’avait rien remarqué !

-          Dis donc ! Ca veut dire quoi  ce qui est écrit sous la fenêtre !

-          Ca ? Et montrant du doigt la plaque émaillée, elle lut :

-          E pericoloso sporgersi ? Regarde ! C’est en français dessous !

-          Ah oui ! Il est dangereux de se pencher au dehors !

-          C’est aussi en allemand « Nicht in hauslehnen !

-          Bon mais à propos de pericoloso, j’ai quelque chose qui m’inquiète. Je crois qu’on nous prend pour des collabos ! On a l’air trop riches et on n’est pas habillées comme les autres femmes de notre âge, avec des pantalons en tissus bizarres(moi la reine du polyester qui ne se repasse pas !). C’est ma bêtise avec ma bouteille d’Evian qui a attiré l’attention. Quelle idiote !

-          T’inquiètes pas ! dit Sylviane, on ne risque rien puisque c’est pas vrai ! On le dira à la police !

-          Dire quoi ? Tu vas montrer tes papiers ? Comment tu vas expliquer que t’es pas née et comment je vais leur faire croire que j’ai huit ans ? Moi j’ai envie de descendre de ce train et de trouver un autre moyen de locomotion !

-          Tu crois ? Du coup Sylviane devint inquiète à son tour ! T’as vu, le mec au St Joseph ? Il ne nous parle plus et il nous jette de drôle de coups d’oeils. T’as peut-être raison ! On descend à la prochaine gare. En attendant ! J’ai faim ! Tu veux un sandwich ?

-          Arrête ! Malheureuse ! Si ils voient notre bout de baguette bien blanche et notre jambon beurre, alors là ! On est cuites de chez cuites !

Le temps du ravissement commençait à s’estomper pour nos deux voyageuses. Les problèmes commençaient, il fallait réagir, et vite.

La micheline n’avait pas encore quitté la gare du Teil et, justement, dans le wagon des interrogations fusaient.

-          Ca fait plus d’une demie heure qu’on est là ! Qu’est-ce qu’il se passe ?

Le wagon se vidait petit à petit. Les gens descendaient sur le quai pour aller aux renseignements. …… A suivre

 

 

Commentaires

Coucou Lisette !

J'aime ton écriture , l'histoire me plaît et j'attends ce qu'il va arriver à nos aventureuses de Lisette et Sylviane , hi ! je me prends au jeu . Il pleut ici en Comté .

Bonne soirée bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 24/09/2010

c'est super bien écrit et l'idée de base est geniale, j'attends la suite avec impatience, surtout les filles ne sortez pas le portable vous allez finir fusillées ou tondues !
bises

Écrit par : josette | 24/09/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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