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25/10/2010

e pericoloso sporgersi suite 5

E pericolos sporgersi

Chapitre 5

Dans les vorgines

vorgines s. f. pl.

Marécage herbeux ou herbu. Roseaux en bord de rivière.

 

Une fois rassasiées de leurs sandwiches, Lisette et Sylviane réalisèrent tout d’un coup,  qu’elles étaient vraiment dans la M… La nuit était tombée et le noir était vraiment noir. On voyait les étoiles comme elles ne les avaient pas vues depuis longtemps. Il faisait beau, heureusement ! L’air était un peu frisquet et elles durent sortir des valises les polaires qu’elles avaient eu la précaution d’emporter.

Le fleuve qui  coulait non loin de là, faisait bruire les cailloux qui roulaient sous le courant.

Un peu inquiétant tout de même, au point de les rendre silencieuses. Des buissons venaient des bruits suspects.

-          T’es sûr qu’il n’y a pas de serpent dit Lisette craintive ?

-          Bof ! Ils dorment, la rassura la courageuse Sylviane qui venait cependant de sortir son drap de bain pour l’étendre sur l’herbe

-          Heureusement qu’on a ça ! dit Lisette qui en fit autant.

-          Ah ! Dis Sylviane ! Il faudrait que je trouve un coin pour faire pipi. Ca commence à devenir urgent !

Elle se fraya un chemin dans les roseaux pour s’isoler un peu plus loin. A son retour, elle dit :

-          Ecoute ! C’est bizarre ! De ce côté, on dirait qu’il y a quelqu’un qui pleure. J’entendais renifler !

Tendant l’oreille, elles perçurent en effet des bruits de sanglots, comme quelqu’un se retenant de pleurer mais ne pouvant s’en empêcher !

-          Mince, alors ! Qu’est-ce que c’est ? On va voir ? Prends ta torche !

Prudemment, elles écartèrent les branches touffues.

-          Par là ?

-          Non, plus de ce côté, attention qu’il n’y ait pas d’eau ! Ah ! La barbe ! Je suis accrochée à une ronce !

Tout d’un coup, elles n’entendaient plus rien. Puis ! Un sniff… tout près d’elles  leur fit découvrir, dans le creux d’un saule, recroquevillée sur elle-même, la tête dans les bras et sur les genoux, une jeune fille toute seule, qui les devinant plus que les voyant, amorça un mouvement de fuite.

Elle paraissait vraiment terrorisée !

-          N’ayez pas peur, lui dit doucement Sylviane. On est des vieilles dames, on ne va pas vous faire de mal.

-          Vous vous cachez, vous aussi ou bien vous me cherchez ?

-          Pourquoi, on vous chercherait ? On ne vous connait pas ! Non, nous sommes venues ici pour dormir parce que le train que nous avons pris pour aller à Lyon, s’est arrêté en gare du Teil et ne repartira que demain matin. Nous voulions être tranquilles car à la gare c’est la cohue !

-          Ah ! Bon ! Mais ! Pitié ! S’il vous plaît ! Ne dites à personne que je suis là ! C’est l’horreur ! Ce qu’ils nous on fait !

Mise en confiance par leurs regards compatissants elle leur raconta son histoire :

-          Regardez ce qu’ils m’ont fait, sanglota-t-elle en enlevant le foulard qui recouvrait sa tête.

-           A la lueur bleutée de la torche elle leur dévoila un crâne entièrement rasé.

-          Mon Dieu ! S’exclama, Sylviane ! C’est la chimio ! Vous avez un cancer ?

La jeune fille la regarda d’un air interloqué ?

-          Un cancer ? Pourquoi ? Je vous ai dit : regardez ce qu’ils m’ont fait ! Eux ! Les salopards ! Les ignobles brutes ! Ils m’ont traînée dans la rue et devant tout le monde, ils m’ont tondue.

-          Tondue ?

-          Tondue, oui tondue ! Ils criaient : A la tondeuse, la pute du notaire ! T’en as bien profité, salope, maintenant c’est à toi de régler la note !

-          Pourquoi, ils disaient « la pute du notaire ?

-          Eh ! Bien ! Voilà mon histoire ! Elle est longue et triste.

Elle s’appelait Colette et elle avait 22 ans, elle venait d’un petit village des environs où elle avait épousé, contre l’avis de ses parents,  Roger, un beau garçon, dont elle était tombée éperdument amoureuse, un copain d’enfance qu’elle avait connu à l’école.

Il était brave homme, Roger, travailleur, il travaillait comme électricien, dans le bâtiment, mais malheureusement il ne crachait pas sur la bouteille, se laissant souvent entraîner par les copains. De plus il était jaloux et se faisait un tas d’idées, reprochant à sa jolie Colette la moindre des coquetteries.  Quand il rentrait, énervé et fatigué et  souvent imbibé, il devenait colérique et il avait souvent levé la main, sans la taper, mais en criant sur elle. Elle encaissait, trouvant cela injuste,  mais ne comprenait pas, car elle aimait son mari et lui était fidèle. Pour cela elle lui avait souvent pardonné, n’allant jamais se plaindre même auprès de ses parents qui lui aurait dit « On te l’avait bien dit ! ».

Quand la guerre arriva, mariée depuis un an à peine, c’est avec douleur qu’elle le vit partir sur le front de l’Est. Il fut fait prisonnier lors de la bataille des Ardennes et depuis il était quelque part en Allemagne. Elle avait eu une lettre, qui lui avait été transmise par un prisonnier évadé en 1942 d’un camp situé près de Dachau  où , semble-t-il, il était détenu.

Isolée, sans ressources, il avait fallu qu’elle trouve du travail.

Comme elle était avenante et habile elle fut engagée comme femme de chambre par Madame Colombet,  la femme du notaire. Une femme douce et gentille, contrairement à sa pourriture de mari. C’était un vieux cochon, qui ne cherchait qu’à s’enrichir quelles que soient les circonstances. Alors ! Il avait pris le côté des plus forts. Il était bien sûr Vichyiste. Il avait fait jouer toutes ses connaissances en place et il s’en mettait plein les poches en négociant les possessions de ceux qui étaient partis, les juifs, entre autres.

Colette, fut bien sûr engagée, avec l’accord du notaire, parce qu’elle était jolie. Elle accomplissait son travail avec conscience car elle était heureuse de faire plaisir à madame, mais son mari  le  notaire,  amateur de jolies filles et plutôt lubrique, lui tournait autour, compliquant sa tâche.

-          Monsieur ! Je vous en prie ! Je suis mariée ! Mon mari est prisonnier !

-          Viens ma belle ! Il n’en saura rien ! Je te ferais des cadeaux !

-          Non ! Monsieur ! Merci ! Je n’en veux pas ! Mon travail me suffit ! Madame m’attends !

Et elle s’esquivait, trouvant des excuses.

Le notaire devenait de plus en plus excité devant sa résistance. Elle n’osait pas raconter ses avances à la si gentille madame, alors elle rusait de plus en plus, mais un jour qu’elle dormait, le  vieux s’introduisit dans sa chambre et de force réussit à assouvir son désir. L’acte terminé, il lui dit : Si tu souffles un seul mot, je te fais accuser comme résistante et tu seras arrêtée.

Elle n’avait rien dit. Son tortionnaire avait renouvelé son acte plusieurs fois, lui rendant visite dans son lit, alors qu’elle était clouée et honteuse.

Un jour, pourtant, alors que son ventre s’arrondissait, elle lui dit :

-          Je crois que je suis enceinte ! Qu’est-ce que je vais faire ?

-          Sale pute ! Tu vas dégager ! Vite fait !

Puis, il réfléchit ! Madame ne pouvait plus avoir d’enfant depuis qu’elle avait fait plusieurs fausses couches. Ne serait-ce pas la bonne occasion d’un petit voyage en Suisse ?

Colette, n’y comprenait plus rien ! Terrorisée, elle en parla à sa meilleure copine, Josette, lui racontant toute l’histoire.

-          Tu en as bien profité du notaire, lui dit celle-ci ! Tu vas voir la tête qu’il va faire ton Roger au retour, quand il apprendra ça !

-          Non, je t’assure, je n’ai pas cherché, je me suis défendue. J’aime mon Roger et je n’ai jamais cherché à le tromper.

-          On dit çà ! On dit çà ! Mais ton notaire ! Il t'a bien gâtée!

Lisant dans les yeux de Josette ce que tout le monde allait penser d’elle, Colette rentra à la maison désespérée.

Madame l’attendait, avec un air grave. Apparemment elle était au courant !

-          Venez ma petite ! On va arranger ça !

Le séjour en Suisse dura le temps de la grossesse et de l’accouchement ! Madame revint avec un beau garçon dans les bras dont Colette fut la nourrice. Tous les notables félicitèrent Madame de son beau bébé. Le fils du notaire ! Un bel héritier.

 

Commentaires

Bonjour Lisette

J'ai lu tout d'un trait et dans le texte, un mot m'a stoppé net : chimiothérapie. En 1945 ? Je me suis dit, Lisette se trompe, il n'y avait pas de chimio à cette époque !! Puis j'ai enfourché Google et j'ai découvert que cela datait de 1908 !! Ouie ! Pan sur le bec du grillon.

Je viens de relire plus calmement, maintenant que je connais l'histoire, comme je faisais avec mes bandes dessinées. C'est dire si j'apprécie le style.

Merci pour cette page d'écriture.

Bises du grillon

Écrit par : Christian | 26/10/2010

J'ai aussi lu d'une traite...merci. Bel après midi.

Écrit par : patriarch | 26/10/2010

J'ai "avalé" ta note, prise par la lecture ... trop court, vite une autre !!!
Bises

Écrit par : Biche | 26/10/2010

nous attendons la suite ma belle , que vont devenir nos voyageuses dans le temps et l'espace ?
à bientot et bisous

Écrit par : josette | 28/10/2010

Coucou Marie-Louise !
En retard de lecture , désolée mais maintenant je voudrais savoir la suite ,
qu'est-il arrivé à cette Colette et ce voyage irréel des deux copines ?
Bon dimanche bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 14/11/2010

comment vas tu? j'espère que tu es en bonne santé et que tu as trouvé le crayon pour écrire la suite ...
bises

Écrit par : josette | 22/11/2010

comment vas tu? j'espère que tu es en bonne santé et que tu as trouvé le crayon pour écrire la suite ...
bises

Écrit par : josette | 22/11/2010

comment vas tu? j'espère que tu es en bonne santé et que tu as trouvé le crayon pour écrire la suite ...
bises

Écrit par : josette | 22/11/2010

comme tu vois l'impatience fait faire des conn...j'ai voulu frapper les trois coups !
bises

Écrit par : josette | 22/11/2010

Belle histoire Lisette, ça se lit d'un trait, j'attends la suite !
Bonne nuit ! Bises. Hélène

Écrit par : helene merrick | 25/11/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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