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27/09/2010

E pericoloso sporgersi ch 3

E pericoloso sporgersi

Chapitre 3

-          Je vais voir ce qui se passe ! dit Sylviane

-          Je vais avec toi, dit Lisette, je ne veux pas rester toute seule dans ce train. Descend ! Je te passe les valises par la fenêtre et on verra bien comment on continue. Il faudrait trouver une bagnole.

Sur le quai c’était l’effervescence, mais pas de chef de gare, sa palette à la main pour donner le départ.

Sur l’autre quai un train rempli de militaires attendait aussi. Une grosse locomotive à vapeur faisait de l’eau. Le gros tuyau du château d’eau était encore placé au dessus de la chaudière et  le mécanicien,  tête charbonneuse et casquette de travers, le bras appuyé sur la porte de sa cabine, attendait patiemment, regardant d’un air indifférent la foule sur le quai.

Cette foule se pressait vers le train militaire.

-          Ce sont des américains, dit Lisette

-          Viens ! On s’approche.

Traînant leurs grosses valises, sacs en bandoulière sur l’épaule, elles se frayèrent un passage vers les compartiments du train.

C’était une fraternisation inouïe. Les soldats hilares tendaient leurs mains à ces français qu’ils avaient contribués à libérer, partageant gentiment les friandises de leur paquetage, buvant au goulot les bouteilles que les autochtones leur tendaient en retour.

Se refusant à mendier ces gâteries qu’elles connaissaient bien, Sylviane et Lisette ne s’approchaient pas, cependant Lisette mourrait d’envie d’aller leur demander un de ces bonbons au fructose qu’elle avait eu, un jour à la gare de Perrache, à Lyon, pour voir si elle en retrouvait le goût.

S’approchant d’un grand noir aux dents éclatantes elle dit :

-          Have You some white fresh sweet . With fructose sugar, I think?

-          Aoh ! Yè ! Madam ! et il montra un bonbon blanc, genre pastille Vichy?  

-          You speak english ?

-          Only a little Sir! a bad english!

-          I think is that you want? No?

-          Yes! Yes! Sir! But only one, because I have eaten it when I was a little girl. I want to know if I find the same taste!

Riant toujours, il lui glissa dans la main tout un paquet des bonbons demandés.

-          Thank you ! Boy ! And have a good travel and a good return in your home

-          I hope Madam, I hope! So long!  And ! … Merci très beaucoup, dit-il en français.

Dotée de son précieux sachet, Lisette revint vers Sylviane.  Soudain ! Sans prévenir ! Elles virent leur autorail redémarrer. Comme une volée de moineaux les gens se précipitaient pour remonter, même en marche. Beaucoup restèrent sur le quai, bras levés en direction de leur wagon qui fuyait.

-           Cours ! Cours !  La mémée est restée dedans ! criait une femme à son mari

-          Nos valises ! Nos valises !  hurlait un autre, en courant aussi à côté de l’autorail en mouvement.

-          Où est le gamin ? Tu l’as vu ? Il n’est pas remonté dans le train sans nous quand même, glapissait une grosse dame qui frisait l’hystérie !

-           Ah ! Il est là !

-          Qu’est-ce que tu faisais sale gosse ?  Tiens ! Voilà ce que tu mérites !

Et ! Pan ! Deux baffes tombent !

-          Je veux que tu restes à côté de nous ! Tu entends ! Tu es infernal ! Tu vas voir le martinet comme il va marcher en arrivant !

-          Bof ! M’en fous !  Il a plus de lanières le martinet, dit l’affreux Jojo qui hérita d’une nouvelle claque et finalement se tut.

-          Y a personne pour porter plainte, dit Lisette. A cette époque les fessées et les baffes étaient permises et même recommandées ! Les mômes étaient plus obéissants, sinon ça tombait !

-          Peut-être que ce n’était pas plus mal dit Sylviane ! Y-s’allait pas brûler des bagnoles et voler chez les commerçants !

-          Remarque ! des bagnoles à voler ! Il n’y en a pas beaucoup ! Je me demande comment on va faire pour en trouver une ?

-          C’est nous qui allons la piquer ?

-          Ben ! Y faudra bien ! T’as des francs pour la payer ?

-          Oh ! Oui ! Merde ! On n’a que des euros ?

-          Des euros ! Pas de francs ! Pas de papiers présentables ! Et je suis presque sûre qu’il faut encore des tickets pour acheter des choses. J’ai complètement oublié de prendre ceux que j’ai à la maison et que ma mère m’a laissés. Remarque ! Je crois que c’était des tickets de textile pas des tickets de bouffe. Alors pour acheter à manger c’est râpé !

Elles se turent car la micheline s’était arrêtée à cinq cent mètres de là, vers l’aiguillage et revenait doucement en marche arrière, vers une autre voie.

-          C’est une voie de garage dit un homme pas loin d’elles.  Eh ! Ben ! On n’est pas encore partis !

-          Ils vont sûrement faire partir avant le train militaire, dit un autre !

Et, effectivement, la grosse locomotive noire avait fini de prendre de l’eau, le tuyau reprenait sa place au-dessus du château d’eau. Des jets de vapeur s’échappaient du monstre de fonte que l’on sentait prêt à bondir. Le chauffeur s’acharnait à remplir de charbon le feu qui rougeoyait de plus en plus jusqu’à flamboyer. Les bielles se mirent à frémir. Sur le quai, un homme d’équipe, en casquette et bleus noircis, tapait avec un marteau à long manche  sur chaque roue, vérifiant chaque attelage, et mettant parfois dans un rouage caché un petit jet de sa burette d’huile à long col. Le chef de train, dans le fourgon de queue, un pied sur le marche-pied, l’autre sur le quai, discutait avec le lampiste en attendant la fin de l’opération.  Puis, il remonta le train en vérifiant que la porte de chaque compartiment était bien fermée. Les soldats américains qui étaient restés sur le quai se dépêchaient à remonter boostés par les « Go ! Go ! » de leurs gradés. Attention le train va partir ! Ecartez vous de la bordure du quai ! nasillait le haut parleur.

 

-           

 

 

 

 

 
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