logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

05/05/2010

ma guerre: La traversée du Rhône

1940, Avant l'armistice,  Les envahisseurs continuent à descendre vers le Sud! La grande ville la plus proche c'est Lyon, dont le maire est Edouard Herriot. Les combats continuent. Les militaires français continuent à se défendre. Voir par exemple http://www.farac.org/php/article.php3?id_article=70.

Mais le Maire de Lyon déclare la "ville ouverte". Ce qui arrête l'invasion et, l'armistice signée par Pétain, qui suit, arrête tout!

Cependant,avant cela, malgré de nombreuse tergiversations, , les militaires français décident de faire sauter les ponts sur le Rhône, dont celui de Condrieu. Voilà donc notre pont:

Pont_de_Condrieu_detruit_en_1940-2-750b9.jpg
J'ai retrouvée cette carte postale dans un courrier de ma mère à ma grand mère. Le courrier disait" Voilà notre pauvre pont"
D'un côté Condrieu dans le Rhône! De l'autre les Roches, dans l'Isere. Le Rhône, à l'époque, était du genre "torrentueux". Pas question de le traverser facilement. Mais comme les humains sont inventifs, ils ont utilisé des bacs à traille: un cable reliait les deux berges et un bac y était accroché et permettait la traversée du fleuve sans être entraîné par le courant.
Je n'ai pas retrouvé d'image de la traille de Condrieu mais j'ai une photo de celle d'Ampuis (le vin Côtes Rôties, vous connaissez?), un village à 5 kms
bac.jpg
Alors, avec ma maman Berthe, quand on voulait aller à Vienne, de l'autre côté du Rhône (souvent pour de histoires de tickets plus avantageux dans l' Isère, on prenait la traille, c'était comme le bus!). Voici donc un de mes souvenirs personnels, écrit à l'atelier d'écritures:

Cependant, il y avait un hic, il n’y avait plus de pont car les combattants les avaient fait sauter en 40 pour freiner l’avance ennemie. Je crois bien qu’il n’y avait plus un seul pont sur le Rhône du sud de Lyon à Marseille.

Pas question d’aller de l’autre côté à la nage ou en barque. Seuls ceux qui n’ont pas vu le Rhône à cette époque pourraient avoir cette idée saugrenue. Le fleuve Roi, descendant tout droit des Alpes Suisses et pas encore calmé par les barrages qui jalonnent son cours aujourd’hui, restait torrentueux et difficilement navigable, avec des crues importantes dont les riverains et en particulier les habitants de Condrieu devaient s’accommoder.

Alors on avait ressorti « les bacs à traille » des temps anciens. La traille c’était un fil métallique reposant sur des piles ou des flotteurs auquel était accroché par une poulie un bac à fond plat. Habilement dirigé et lancé, le courant du fleuve lui faisait décrire un arc de cercle et conduisait en douceur les passagers d’une rive à l’autre.

Ce jour là, Berthe et Lisette et le vélo prennent donc la « traille » pour aller à Vienne. D’autres personnes embarquent avec elles et, en particulier, un marchand avec un cheval et une charrette bourrée de ballots de laine.

-     Avancez vers le fond,  lui dit le pontonnier, et dételez le cheval !

Pendant que le marchand obtempérait, flattant de la main l’animal pas très rassuré sur ce sol mouvant,  le passeur s’employait à faire tourner le bac à traille en poussant sur le fond avec une longue gaffe. Le bac prenait son chemin dans le courant, quand tout à coup, la charrette, trop chargée et mal calée se mis à rouler toute seule vers la passerelle pas encore remontée et bascula dans le Rhône devant les yeux effarés des voyageurs, dont les miens. Les nombreux ballots dont elle était chargée s’éparpillèrent au gré du courant formant une flottille inattendue.

J’ai suivi longtemps du regard ces ballots flottants qui ont fini par disparaître à l’horizon du fleuve.

Je ne me souviens pas de la tête que faisait le propriétaire de la charrette, ni de ce qu’il a fait de l’autre côté, tout seul avec son cheval ! A-t-il tenté de récupérer ses ballots en aval ? En ces temps de pénuries, ils n’ont certainement pas été perdus pour tout le monde et certains ont du bénir cette manne que le fleuve leur apportait, quelle qu’en soit la nature, car tout était bon à récupérer en ce temps là.

 

Voilà! comment on voit les choses quand on est une petite fille en ce

 

temps là

 

 

27/04/2010

Ma guerre. Ch 4 La bouffe

Je continue. Mais prenez bien conscience que ce n'est pas la grande histoire que je vous raconte mais seulement mes souvenirs, à moi, de ces années là! Alors! La petite fille que j'étais se rend compte aujourd'hui qu'elle a eu beaucoup de chance. lui), Après la signature de l'armistice de 1940. Ecoutez Pétain l'annoncer sur la radio: 

Ce fut la démobilisation. Mon papa Léon, s'est remis au service de la SNCF et donc il a pu revenir dans ses foyers. Quand il était en instance de démobilisation, il s'est souvenu d'avoir vaguement entendu parler, par un aûmonier militaire, de l'appel de de Gaulle du 18 juin, mais pour l'armée Française vaincue de l'époque ce n'était même pas un vague espoir! Nous avons quitté Ruy et les grands parents pour revenir à Condrieu. Hier j'ai regardé Google map et j'ai retrouvé ma maison 1 Grande Rue, à peine changée. Seule la couleur des volets a changé, ils sont marrons et quand j'y étais ils était gris. Je pense que c'est le même bois , plus de 70 ans comme moi.  La fenêtre de la cuisine c'était la droite, la chambre la gauche. A côté il y avait un bureau de tabac qui apparemment n'y est plus. Une rue étroite, du vieux Condrieu, juste en face de l'Eglise. J'allais à pied à l'école: l'ecole des Marroniers qui existe toujours

i grande rue Condrieu.JPG
Nous avons repris un semblant de vie normale, j'ai grandi, je suis allée à l'école, j'ai appris à lire et ce que je vais vous raconter maintenant c'est notre vie de 40 à 44, avant qu'arrive le grand évènement de la libération.
Une des grosses préoccupations du moment c'était la bouffe:
Voici ce que j'ai écrit à ce sujet à l'atelier d'écritures.

Ah ! Les problèmes de bouffe et de chauffage ! C’était la préoccupation principale de maman Berthe et de Léon, dans ces années 40 et ça a bien duré jusqu’en 46, au moins, alors que la guerre était finie depuis plus d’un an ! Les courriers que j’ai conservés,  que ma maman Berthe échangeait avec sa belle mère, Marie, sont pleins de phrases très éloquentes à ce sujet du genre :

-    On a touché du charbon !

-    Merci pour le morceau de savon !

-    J’ai fait la queue deux heures à l’épicerie du port,  pour avoir une boîte de pâté. Je ne sais pas ce que c’est ?

 Mimi me fait marcher ! Il me dit « Ca doit être du chien ! » On s’en fout on va le manger quand même !    Lire la suite

 

 

Sur la radio jointe à cet article j'ai mis, parce qu'elle est de 1940 et parce que j'adorai chanter à tue-tête cette chanson: "Jim le gaucho" d'un chanteur oublié: Clément Duhours (La connaissez vous?)

 

25/04/2010

Ma guerre, pause du dimanche

Ma guerre, pause du dimanche! Ma guerre! Mon titre est symbolique car je m'aperçois en fait que mon titre pourrait être celui de beaucoup d'enfants au monde!  L'avantage du mien, c'est qu'il a existé, mais qu'il est passé. Quand je suis née c'était la guerre! Oui! Mais moi? comme j'étais une enfant, qu'ai-je vu? En fait! Ce que voient les mômes de Palestine ou d'Irak où de n'importe quel pays où ça pète, aujourd'hui.  Cours! Sauves toi! Gares toi! Ca fait Boum quelque part! Aussi ce que voient les gosses du Darfour ou de beaucoup de pays d'ailleurs où les parents cherchent de l'eau, de quoi bouffer (et ils n'ont pas forcément des tickets!), de quoi survivre! J'ai connu les restrictions, les tickets et tout ce qui va avec. Je vais vous parler de tout ça! J'ai aussi connu la joie qui déferle sur un peuple quand toute cette M... s'arrête; Cest finalement ce dont je me souviens le plus et je vais vous le raconter aussi, mais pour moi, il y a eu une fin. Une période de joie dont je vous parlerais et après une longue vie tranquille. Mais pour eux? Ca dure! Alors? Pourquoi le monde ne leur donne-t-il pas à eux la joie de la libération?

On peut dire, parce que notre monde va mal: Il faudrait une bonne guerre! comme le dit

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique